
Lancé par Emmanuel Macron quand il était ministre de l’Economie, le feuilleton de la privatisation de Toulouse-Blagnac continue. La vente des 49,9 % de l’Etat aux Chinois de la société Casil a entraîné des relations parfois difficiles entre les nouveaux actionnaires et leurs partenaires locaux : la CCI de Toulouse (25 % du capital) et Toulouse Métropole, le Conseil départemental de la Haute-Garonne et le Conseil régional d’Occitanie (5 % chacun). La volonté des actionnaires chinois de ponctionner les réserves financières de l’aéroport et de distribuer l’intégralité des bénéfices a suscité bien des tensions dans une ambiance artificiellement feutrée. Plus récemment, en novembre dernier, le processus de vente des parts de l’Etat a été vivement critiqué par un rapport de la Cour des Comptes et ce processus a finalement été annulé par la justice administrative le mois dernier. Mais l’Etat a choisi de se pourvoir en cassation et, du côté de la Banque Lazard, on continue à s’activer : les actionnaires chinois avaient payé 308 millions d’euros pour avoir leurs 49,9% du capital de l’aéroport ; ils ont mandaté la Banque Lazard pour revendre leurs parts à un prix minimum de 440 millions et c’est le groupe Eiffage qui vient de l’emporter sur les autres candidats dont des « régionaux de l’étape » : la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées et la Banque Populaire Occitanie associées à Ardian et au fonds Mirova de Natixis.
Des négociations exclusives… en attendant le Conseil d’Etat
Eiffage est désormais en négociations exclusives pour reprendre les 49,9 % de Casil dans la société ATB, concessionnaire de l’aéroport Toulouse-Blagnac jusqu’en 2046. Toulouse-Blagnac est actuellement le troisième aéroport régional français avec un trafic de 9,6 millions de passagers l’an dernier mais il est en ce moment à la peine : tout juste 1,1 % de croissance sur les quatre premiers mois de l’année et même une baisse de trafic de 1,5 % en avril.
Il n’empêche. Face à son concurrent Vinci, Eiffage compte sur Toulouse-Blagnac pour poursuivre la stratégie de diversification de son portefeuille de concessions dans les infrastructures de transports. Le groupe rappelle qu’il a déjà coopéré avec les équipes d’ATB sur divers projets et il assure que, si l’opération se concrétise, il sera un « partenaire de long terme d’ATB, aux côtés des autres actionnaires, en privilégiant un développement dans le respect des contraintes et équilibres territoriaux ». Le groupe Eiffage attend maintenant la décision du Conseil d’Etat. Il n’est pas le seul…
Photo © Christian Guillard / FlyAndGo
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