
Face à son concurrent Vinci, le groupe Eiffage a décidé de s’investir lui aussi dans le secteur aéroportuaire. Il est candidat à la reprise de l’aéroport de Toulouse-Blagnac et, cet été, il a obtenu la concession de l’aéroport de Lille, en partenariat avec l’aéroport de Marseille Provence.
Eiffage est en négociation exclusive avec les Chinois de la société Casil Europe pour lui racheter ses 49,9 % du capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac. Cette opération est soumise à diverses décisions judiciaires mais Eiffage a déjà mis un pied dans le secteur aéroportuaire cet été : le Syndicat mixte des aéroports de Lille et Merville l’a choisi pour gérer Lille-Lesquin à partir du 1er janvier prochain. Exit la Chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France, opérateur historique de l’aéroport.
Il s’agit d’une concession de 20 ans pour laquelle Eiffage s’est associé à la société Aéroport Marseille Provence. Les deux partenaires se sont engagés à rénover et étendre le terminal actuel (illustration ci-dessus), améliorer l’accueil des passagers et faire progresser la qualité de services aux clients, notamment en déployant toute une panoplie d’outils digitaux. L’objectif est bien sûr de développer la plateforme et de lui faire jouer pleinement « son rôle de moteur du développement du territoire, en lien avec les acteurs économiques et touristiques locaux ». Enfin, les enjeux environnementaux sont évidemment pris en compte : développement de la desserte de l’aérogare en transport en commun (actuellement une navette par bus toutes les 30 ou 60 minutes) et réduction de l’empreinte carbone avec une labellisation « Airport Carbon Accreditation ».
Avec plus de 70 400 collaborateurs et un chiffre d’affaires 2018 de 16,6 milliards d’euros (dont plus du quart à l’international), Eiffage est l’un des leaders européens du BTP et le groupe a bâti une stratégie de diversification et d’allongement de durée de son portefeuille de concessions.
Quant à la société Aéroport Marseille Provence (AMP), elle vise elle aussi un développement de ses savoir-faire dans d’autres régions françaises, voire à l’étranger : « notre expertise de concessionnaire et d’opérateur aéroportuaire nous permet d’inscrire les décisions de court terme dans une vision de long terme et de concevoir la stratégie aéroportuaire comme un élément structurant du développement du territoire ». L’aéroport de Marseille a accueilli 9,4 millions de passagers l’an dernier et il est en passe de reconquérir sa 3ème place des aéroports français hors Paris, en repassant devant… Toulouse-Blagnac.
Illustration Aéroport de Lille-Lesquin © Eiffage
Vous avez aimé ? Réagissez !
Annuler la réponse