
L’Allemagne est le premier client et le premier fournisseur de l’économie occitane, avec un rôle moteur assuré par Airbus et l’aéronautique. Mais s’agissant du transport aérien, les échanges sont bien plus modestes : à Toulouse-Blagnac, les vols sur l’Allemagne ont totalisé l’an dernier un peu plus de 700 000 passagers, soit tout juste 8 % du trafic global de l’aéroport. C’est dire s’il y a des marges de progression ! C’est ce qui ressort de la rencontre qui s’est tenue ce 19 septembre à Toulouse dans le cadre de la quinzaine franco-allemande en Occitanie. Animée par notre confrère Gil Bousquet et organisée par la Fondation Groupe Dépêche du Midi et l’aéroport Toulouse-Blagnac, cette conférence-débat avait pour thème : « Allemagne et Occitanie, l’avion comme trait d’union ».
Les vols sur l’Allemagne au départ de l’Occitanie sont depuis longtemps concentrés sur les hubs de Francfort et Munich, comme le souligne Jean-Michel Vernhes, président sortant du directoire de Toulouse-Blagnac, en rappelant que les plate-formes allemandes sont historiquement beaucoup plus ouvertes sur l’international que les aéroports régionaux français. Les déplacements des « Airbusiens » pèsent également beaucoup, ajoute Kimon Stiropoulos, vice-président Ventes Europe d’Airbus : « Au sein d’Airbus, beaucoup d’Allemands travaillent à Toulouse et beaucoup de Toulousains travaillent en Allemagne. Nous avons deux vols quotidiens Toulouse – Hambourg en navette privée et nous utilisons largement les hubs Lufthansa de Francfort et Munich. Cela représente des dizaines de milliers de passagers – sans parler des 1 600 vols de Beluga programmés chaque année entre Toulouse et l’Allemagne ».
Développer et rééquilibrer le trafic aérien
Entre Occitanie et Allemagne, l’arrivée des low-cost, notamment easyJet et Raynair sur l’axe Toulouse – Berlin, a commencé à alléger la sur-représentation de la clientèle Affaires et des passagers en correspondance. Mais le low-cost, qui représente désormais 40 % du trafic de Toulouse-Blagnac, ne dépasse pas les 27 % sur les vols à destination d’Outre-Rhin. Un autre déséquilibre reste flagrant : les passagers français sont nettement plus nombreux que les passagers allemands (globalement, deux tiers / un tiers), y compris sur Toulouse – Berlin. Mais il faut savoir que les Berlinois n’ont pas un pouvoir d’achat très élevé : « leur revenu moyen est inférieur de 30 % à celui des Munichois » explique Michael Kerkloh, directeur général de l’aéroport de Munich (portrait ci-dessous). « Et puis, pour nous Allemands, la France est un pays qui se visite en voiture ».

Michael Kerkloh, qui est également le président de l’ACI (Airports Council International) Europe, note que la mentalité allemande sur le voyage en voiture commence à évoluer avec l’offre des compagnies aériennes low-cost : « C’est une chance pour les aéroports régionaux français ». Philippe Crébassa, le tout nouveau président du directoire de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, se félicite d’ailleurs de l’envol de la ligne Toulouse – Berlin (50 000 passagers en 2016, 150 000 l’an dernier). Il souhaite à la fois consolider les liaisons existantes et développer du trafic sur des villes comme Brême, Cologne, Hambourg… Et aux Allemands qui aiment tant visiter la France en voiture, il dit en substance : « Que cela ne vous empêche pas de prendre l’avion. À Toulouse-Blagnac, nous avons de très bons loueurs de voitures ! »
Vue aérienne de l’aéroport de Munich © Flughafen München GmbH
Portrait Michael Kerkloh © Christian Guillard / FlyAndGo
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