
189 millions d’euros : c’est le montant des pertes d’Air France l’an dernier sur son réseau domestique. La situation s’est encore dégradée par rapport à 2017 (96 millions de pertes) et les pertes cumulées depuis 2013 dépassent les 710 millions. La compagnie nationale a donc annoncé cette semaine qu’elle allait « adapter » son activité court-courrier assurée notamment sous la bannière Air France Hop. Objectifs : améliorer sa qualité opérationnelle, offrir le plus haut niveau de qualité de produit et de service aux clients, et surtout restaurer sa compétitivité. Traduction : un plan de départs volontaires pouvant concerner jusqu’à 465 postes sur ce réseau domestique et, d’ici fin 2021, une réduction de son offre de 15 % en sièges-kilomètres.
La concurrence du TGV et des compagnies low cost

« Le réseau domestique français est indissociable de l’histoire de France » rappelle pourtant Benjamin Smith, le Canadien nommé à la direction générale d’Air France-KLM en août dernier. Et de poursuivre : « ce réseau est garant de notre ancrage territorial et permet de relier les régions françaises au reste du monde en offrant plusieurs milliers d’opportunités de correspondances chaque jour ». Reste que le contexte est hautement concurrentiel avec d’une part le TGV et d’autre part les compagnies low cost.
Sur le TGV, Air France fait observer qu’il s’est développé « par la volonté des pouvoirs publics et sans être soumis aux taxes et redevances qui visent directement le transport aérien ». Sur le low cost, la compagnie note qu’il a gagné rapidement du terrain « au moyen de politiques tarifaires agressives et parfois avec l’aide de collectivités publiques. À l’inverse d’Air France dont les équipes sont basées à 90 % sur le territoire national, les compagnies low cost n’ont la plupart du temps pas contribué à développer l’emploi dans les régions où elles opèrent ». easyJet, Volotea et maintenant Ryanair multiplient cependant leurs bases opérationnelles en région, notamment dans notre Grand Sud, et elles sont de plus en plus présentes sur le réseau domestique français. Prenons l’exemple de Toulouse, où easyJet dépasse désormais Air France en nombre de passagers : la compagnie orange fait face à La Navette Toulouse – Orly presque depuis le début et dessert également Paris-CDG, Lille, Lyon, Mulhouse, Nantes, Nice… Volotea vient d’ouvrir Toulouse – Nice et Ryanair va arriver sur Toulouse – Marseille. Les liaison aériennes françaises seront-elles principalement assurées demain par les trois compagnies britannique, espagnole et irlandaise ? Le pavillon tricolore se réduira-t-il à l’approvisionnement des hubs Air France et aux lignes à faible trafic assurées par des compagnies régionales comme Chalair et Twin Jet ? Benjamin Smith assure que « nous sommes tous pleinement mobilisés pour défendre un marché domestique essentiel pour Air France mais aussi, plus globalement, pour le groupe Air France-KLM ».
L’ensemble du groupe Air France-KLM a transporté l’an dernier 101 millions de passagers avec un taux de remplissage de ses avions de 86,1 % (90,9% pour la filiale low cost Transavia). Dans le même temps, la compagnie Ryanair a dépassé le cap des 140 millions de clients avec un taux d’occupation de 96%.
Photo avion © Claire Lise Havet
Photo Benjamin Smith © Air France-KLM
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