
Accélérer la transition écologique du transport aérien pour mieux faire accepter sa croissance : telle est la priorité définie par l’Union des aéroports français que préside Thomas Juin (directeur de l’aéroport de La Rochelle-Île de ré). Mais l’UAF souhaite aussi rétablir quelques vérités sur l’impact réel du transport aérien sur l’environnement.
« Dans le cadre du grand débat national, explique Thomas Juin, il nous a été donné d’entendre un certain nombre de contre-vérités ou d’approximations sur le transport aérien. Il nous appartient, à nous, professionnels de l’aérien, d’apporter à nos concitoyens un certain nombre d’informations objectivées et de répondre aux inquiétudes. »
Croissance du nombre de passagers, stabilité du nombre de vols
Thomas Juin fait d’abord observer que « le transport aérien s’est largement démocratisé ces dernières années avec le développement du transport low-cost et il répond aujourd’hui aux besoins de desserte de nombreux territoires et aux besoins de mobilité d’un nombre croissant de nos concitoyens ». L’an dernier, le trafic des aéroports français a franchi pour la première fois la barre des 200 millions de passagers (206,4 millions) mais cette croissance de 4,8 % n’a pratiquement pas entraîné d’augmentation du nombre de vols : les décollages et atterrissages n’ont progressé que de 0,6 %. Sur la période 2008-2018, le nombre de mouvements d’avions a même diminué de 4,75% alors que le trafic passagers progressait de plus de 30 %. Explication : le nombre moyen de passagers par avion est passé dans le même temps de moins de 80 à près de 110. Cette optimisation du transport aérien est particulièrement évidente avec les compagnies low-cost : elles ont totalisé 34 % des passagers en métropole l’an dernier mais seulement 25 % des mouvements d’avions.
Une taxe kérosène frapperait la desserte des territoires
Autre statistique à retenir : les vols domestiques représentent 27 % des passagers en France. Mais ce chiffre monte à 35,4 % pour les des grandes plateformes régionales (comme Bordeaux, Marseille, Nice et Toulouse) et il dépasse les 55 % pour les aéroports régionaux plus modestes. Commentaire de Thomas Juin : « une taxe kérosène, qui ne pourrait concerner que les vols domestiques, frapperait en premier lieu les aéroports régionaux, le trafic en région et la desserte des territoires, et donc leur développement économique et touristique ».
Ajoutons que la fiscalité peut déjà représenter plus de 50 % du prix d’un billet d’avion : les taxes spécifiques frappant le transport aérien français se sont élevées l’an dernier à 1,7 milliard d’euros. Sachez aussi que le carburant utilisé par les avions ne représente que 8,75 % des produits pétroliers consommés en France.
Une démarche de développement durable engagée dès 2009
Enfin, le transport aérien est d’ores et déjà engagé dans une démarche forte de développement durable, qu’il s’agisse des constructeurs d’avions, des compagnies aériennes, des aéroports. La France est d’ailleurs le pays au monde qui compte le plus d’aéroports impliqués dans le programme Airport Carbon Accreditation lancé en 2009 : les 40 aéroports français déjà certifiés totalisent 83 % du trafic passagers.
Photo © UAF
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