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TLS facade Baudis

Le Conseil d’Etat a validé ce mercredi 9 octobre la vente par l’Etat de 49,9% du capital de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) aux investisseurs chinois de Casil Europe. Lesquels vont donc pouvoir reprendre leurs négociations exclusives avec le groupe Eiffage pour revendre leur participation dans ce qui est actuellement le 3ème aéroport régional français (après Nice et Lyon).

Eiffage veut se diversifier dans la gestion aéroportuaire à l’image de son concurrent Vinci qui contrôle 46 aéroports en France et un peu partout dans le monde : Portugal, Royaume-Uni, Serbie, Japon, Cambodge, Brésil, République dominicaine, Costa Rica… Vinci Airports affiche ainsi un portefeuille impressionnant : Londres-Gatwick, Lisbonne et Porto, Lyon et Nantes, Salvador de Bahia et Santiago du Chili, Phnom Penh et Belgrade… Eiffage, nouvel entrant sur ce marché, ne dirige pour l’instant qu’un seul aéroport, celui de Lille dont il a obtenu la concession au début de cet été, en partenariat avec la société Aéroport Marseille Provence.

La vigilance des actionnaires locaux

Son éventuelle arrivée à Toulouse-Blagnac pourrait un peu rassurer les actionnaires locaux qui jugent très sévèrement le bilan de Casil Europe : « Depuis son entrée dans le capital, Casil Europe a fait preuve d’une volonté systématique de ponctionner les réserves de l’aéroport de Toulouse-Blagnac dans une logique de rendement immédiat, déconnectée du développement à long terme de la société et de l’intérêt général du territoire. » Mais la décision de Casil Europe de céder ses parts à un nouvel actionnaire ne fait que « renforcer la vigilance » de Philippe Robardey (portrait ci-dessous), président de la Chambre de commerce et d’industrie (premier actionnaire public d’ATB avec 25 % du capital) et des autres acteurs locaux qui ont chacun 5 % des parts : Jean-Luc Moudenc (Toulouse Métropole), Georges Méric (Conseil départemental de la Haute-Garonne) et Carole Delga (Conseil régional d’Occitanie) : « Nous réaffirmons la nécessité d’une gestion majoritaire concertée avec les actionnaires publics de l’aéroport, qui seule permet de garantir la stabilité et l’avenir de cet équipement majeur pour notre territoire. Nous demandons à l’Etat, qui détient 10,1 % des parts, de prendre position à nos côtés ».

Toulouse CCI Philippe Robardey

On attend maintenant la tenue de l’assemblée générale de la société ATB. Celle prévue le 5 juin avait été ajournée par le Tribunal de commerce de Toulouse en raison de l’incertitude juridique qui pesait sur la privatisation partielle de l’aéroport (privatisation à l’initiative d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique). Le doute étant levé par le Conseil d’Etat, il y a urgence à faire approuver les comptes de l’exercice 2018 pour pouvoir enfin les déposer au Tribunal de commerce. La question des dividendes sera aussi, une nouvelle fois, à l’ordre du jour. Les partenaires locaux préviennent : « Nous resterons mobilisés pour préserver les dividendes et les réserves financières de cet équipement stratégique pour l’industrie aéronautique en France et en Europe, ainsi que pour le développement du territoire ».

www.toulouse.aeroport.fr

Photo Toulouse-Blagnac © Christian Guillard / FlyAndGo

Portrait Philippe Robardey © CCI Toulouse

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